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La petite excursion de Trump qui transforme la famine en arme de destruction massive

10 Avr 2026 · 17:47 UTC BY w00t42

Avril 2026. Le détroit d’Ormuz, ce joli goulot de 100 miles qui fait transiter un tiers du commerce maritime mondial d’engrais (soit environ 16 millions de tonnes par an selon l’UNCTAD), est toujours à moitié fermé. Un mois supplémentaire de blocus sélectif iranien (après le cessez-le-feu bidon du 8 avril) et c’est la bombe à retardement alimentaire qui explose. Chaque jour, 220 000 tonnes d’engrais azotés (urée, ammoniac, soufre) ne passent plus. Résultat : les usines du Golfe (Qatar QAFCO, Saudi, Iran – 49 % des exportations mondiales d’urée) tournent au ralenti ou ferment. Les prix de l’urée ont déjà bondi de 28 à 46 % depuis février ; un mois de plus et on parle de +30-40 % supplémentaires, voire du double selon Bank of America et CRU Group.

Pour les pays pauvres, c’est la double peine. Les engrais azotés représentent 30 % du commerce mondial via Ormuz ; sans eux, les rendements de blé, riz et maïs chutent de 10 à 30 % dans les zones à faible usage (Afrique subsaharienne, Asie du Sud). La FAO prévient : prix des engrais +15-20 % au premier semestre 2026 si ça dure. Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) est encore plus cash : 45 millions de personnes supplémentaires en insécurité alimentaire aiguë (IPC 3+) d’ici mi-2026 si les prix du pétrole restent >100 $/baril et les engrais bloqués. On passe de 318 millions à plus de 360 millions d’affamés chroniques. Pas des stats abstraites : des récoltes qui s’effondrent, des prix alimentaires qui explosent et des gouvernements qui vacillent.

Et là, entre en scène le génie Trump. Parce que pendant que son « deal » foireux transforme Ormuz en péage iranien, il a déjà démantelé USAID en 2025 : 85-90 % des contrats supprimés, 60 milliards de dollars de coupes, l’agence réduite à une coquille vide. Les pays les plus touchés ? Précisément ceux qui dépendent à la fois des engrais du Golfe et de l’aide alimentaire US : Soudan (637 000 en famine, 8 millions à risque), RDC (28 millions d’insécurisés alimentaires, aide réduite de 351 M$ en 6 mois), Somalie (4,4 millions menacés, aide alimentaire coupée de 80 %), Éthiopie, Kenya, Malawi, Niger, Burkina Faso, Mali, Zimbabwe, Soudan du Sud. Sans parler du Yémen, de la Syrie ou du Bangladesh.

Dans ces trous noirs humanitaires, l’aide US couvrait engrais subventionnés, semences, stockages et rations d’urgence. Trump a tout coupé au nom du « America First » et de « gaspillage woke ». Résultat ? Le CGDev estimait déjà 490 000 morts par an rien que des coupes en aide alimentaire/humanitaire (avant Ormuz). Un mois de blocus supplémentaire et on amplifie : le PAM parle de pipeline rompu total dans plusieurs hotspots. Au Soudan, les cuisines populaires US fermées ; en RDC, seulement 600 000 personnes aidées sur 2,3 millions en urgence. Au Kenya ou en Ouganda, les petits paysans qui comptaient sur l’aide pour acheter de l’urée à prix gonflé… n’achèteront rien. Rendements en berne = moins de calories = malnutrition qui explose.

Chiffres concrets sur les victimes potentielles ? Le Lancet (février 2026) projette jusqu’à 94 millions de morts d’ici 2030 des coupes globales d’aide (US + alliés qui ont suivi). Pour 2026 seul, Oxfam et CGDev parlent de 3 millions de décès évitables par an (santé + famine) rien que des coupes USAID. Avec le choc engrais : +10-20 % de mortalité en plus dans les hotspots africains selon les modélisations FEWS NET/FAO. Au Soudan, déjà 2,4 millions en IPC 4 ; un mois de plus = risque famine déclarée (IPC 5) pour des dizaines de milliers. En Somalie, 350 000 seulement aidés sur 4,4 millions : des milliers d’enfants en phase 5 de malnutrition aiguë sévère. Nigeria, Malawi, Tanzanie : mêmes profils. Total estimé pour un mois supplémentaire : 20 000 à 50 000 morts supplémentaires en Afrique subsaharienne et Asie du Sud d’ici fin 2026 (extrapolation des rapports WFP/FAO sur les chocs 2022 amplifiés par absence d’aide). Pas des « victimes collatérales » : des gosses qui crèvent de kwashiorkor parce que Donnie a préféré tweeter des majuscules sur « Open the Fuckin’ Strait » plutôt que de rouvrir les robinets d’aide.

Trump avait promis de régler l’Iran en claquant des doigts. Résultat ? Un blocus qui flingue les récoltes des pays qu’il a déjà abandonnés. Les fermiers du Golfe ferment, les Africains meurent, et lui tweete la victoire. Poétique. Le PAM parle de « timebomb alimentaire ». Nous, on appelle ça un suicide géopolitique sponsorisé par Mar-a-Lago. Un mois de plus et la famine n’est plus une statistique : c’est la facture du trumpisme, payée en vies humaines.