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L’inflation US fait son grand come-back : bravo les experts, on applaudit bien fort

10 Avr 2026 · 17:17 UTC BY w00t42

La belle histoire qu’on nous servait encore il y a quelques semaines : « l’inflation est vaincue », « on touche au but », « le Fed va pouvoir baisser les taux tranquillement cet été ». Quelle poésie. Et puis mars 2026 arrive, et paf : le CPI bondit de 0,9 % en un mois, portant l’inflation annuelle à 3,3 %. C’est presque touchant de voir à quel point les prévisions optimistes se font systématiquement ridiculiser par la réalité.

Rappelons le contexte pour les amateurs d’amnésie collective. En février, on était à un gentil 2,4 %. Tout le monde se tapait dans le dos : « Victoire ! On a dompté la bête de 2022. » Résultat ? Un mois plus tard, l’essence explose (+21,2 % rien que sur mars), l’énergie globale tire tout vers le haut, et on repasse allègrement au-dessus des 3 %. Les économistes appelaient ça un « rebond temporaire ». Oui, comme la dette publique ou les promesses électorales.

Le plus savoureux, c’est la réaction des officiels. La FED avait déjà discrètement relevé ses prévisions d’inflation pour 2026 (de 2,4 % à 2,7 % en mars), comme s’ils sentaient le vent tourner. Mais avouer que l’énergie n’est pas si « transitoire » que ça, surtout quand un conflit au Moyen-Orient fait flamber le baril ? Impensable. Non, mieux vaut continuer à scruter le « core » inflation à 2,6 %, ce bon vieux indicateur qui exclut justement ce qui fait mal au portefeuille des gens normaux : l’essence pour aller bosser et le chauffage pour ne pas mourir de froid.

Pendant ce temps, le consommateur lambda se fait gentiment plumer. Les loyers (shelter) restent collés autour de 3 %, la nourriture a ralenti mais reste positive, et les voitures d’occasion baissent un peu… comme pour nous faire croire que tout s’arrange. Sauf que quand vous remplissez le réservoir à +18,9 %, vous ne vous consolez pas en vous disant « ah mais les used cars sont en promo ! ».

C’est là que le sarcasme atteint son paroxysme : on nous explique depuis des années que l’inflation à 2 % est le Saint Graal, la preuve d’une économie saine. Pourtant, dès qu’elle redescend mollement vers ce niveau, un petit choc externe (guerre, pandémie, supply chain, volcan, phase de la lune…) suffit à tout relancer. Et à chaque fois, les mêmes experts nous jurent que « cette fois c’est différent », que c’est « transitoire », que « les anticipations d’inflation restent ancrées ».

Ancrées où ? Dans le portefeuille des ménages qui voient leur pouvoir d’achat fondre comme neige au soleil ? Dans les bilans des banques centrales qui ont imprimé comme jamais ? Ou dans les discours des banquiers centraux, ces maîtres de l’euphémisme qui transforment un échec en « ajustement nécessaire » ?

Félicitons-nous quand même : grâce à cette belle surprise de mars, les espoirs de baisses de taux rapides s’envolent. Le Fed va pouvoir rester en mode « on surveille attentivement » encore quelques trimestres, le temps que l’énergie se calme (ou pas). Et nous, on continuera à payer plus cher pour à peu près tout, en nous faisant expliquer que c’est pour notre bien, parce que l’alternative (une récession franche) serait pire.

En résumé, l’inflation US n’est pas morte. Elle faisait juste une petite pause théâtrale avant de revenir sur scène avec un solo d’énergie à faire pâlir 2022. Et le public, fidèle, continue d’applaudir. Ou du moins, de payer l’addition sans trop râler.

Parce que franchement, à ce stade, on ne sait plus si on doit rire ou pleurer.